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Yves Rocher : «Nous cherchons sans cesse des solutions qui ne dégradent pas l'expérience client»

Numéros de page :
pp.29-30
Alexandra Ferré, directrice RSE et impact d’Yves Rocher, explique que l’ajout du terme « impact » à son poste vise à dépasser la simple conformité réglementaire pour générer une influence positive sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Yves Rocher, qui œuvre pour une beauté naturelle et engagée depuis 65 ans, a choisi de dissocier la direction RSE de l’enseigne de celle du groupe afin de mieux adapter ses actions à son territoire spécifique, tout en partageant l’ambition d’un impact positif. Le chiffre d’affaires 2024 d’Yves Rocher s’élève à 1,1 milliard d’euros, en hausse de 2,4 %. L’enseigne vise une réduction de 30 % des plastiques mis sur le marché d’ici 2030 par rapport à 2019, avec 13 % déjà atteints fin 2024. La réduction des déchets est un axe prioritaire, débutant par une évaluation de la matérialité de l’impact pour cibler les déchets les plus importants et techniquement évitables. Les suremballages ont été supprimés en priorité, tandis que la catégorie hygiène, représentant 50 % des emballages en plastique et de gros volumes, a nécessité des solutions innovantes pour ne pas altérer les produits ni l’expérience client. Deux innovations majeures illustrent cette démarche : le gel douche solide, qui se présente comme un pain de savon sans savon, permettant d’éviter la bouteille plastique et l’excès d’eau tout en offrant une expérience similaire à un gel douche traditionnel ; et la suppression quasi totale du bouchon plastique des crèmes hydratantes, remplacé par une technologie plus fine. Ces initiatives ont permis de réduire la consommation de plastique de 74 tonnes grâce aux gammes solides et de 195 tonnes au total en 2024, soit l’équivalent de 16 à 19 piscines olympiques. La direction RSE et impact travaille en étroite collaboration avec la R&D pour chaque évolution de produit, notamment en écoconception, afin de réduire l’impact environnemental sans pénaliser le consommateur. L’objectif est de proposer des produits responsables sans dégrader le quotidien des clients. Le modèle d’Yves Rocher repose majoritairement sur la franchise, ce qui a initialement compliqué l’adoption des innovations par les entrepreneurs en boutique. Cependant, les partenaires, rencontrés chaque année lors d’une convention, sont globalement engagés et attendent ces nouveautés, notamment en matière de recharge et de produits solides. Yves Rocher est aujourd’hui leader sur la recharge, ce qui constitue un avantage commercial. Le statut de marque et distributeur est un atout, permettant de maîtriser l’expertise et l’engagement en magasin. Des projets concrets comme la consigne ont été testés dans trois magasins regroupant environ 70 000 clientes, permettant d’évaluer directement l’impact de la démarche. L’enseigne a également expérimenté la vente en vrac, encouragée par la loi Climat et résilience, mais a rencontré des difficultés techniques, notamment avec les produits moussants qui compliquent la gestion en magasin. L’objectif reste que les solutions écoconçues ne soient pas perçues comme des obstacles mais comme des avantages compétitifs et engagés, afin que les équipes en magasin les promeuvent auprès des clients. Parcours d’Alexandra Ferré : entrée dans le groupe Rocher en janvier 2019 comme chargée de projet développement responsable, responsable programmes RSE et B Corp du groupe en juin 2019, directrice impact et RSE d’Yves Rocher en 2022 avec une place au comité de direction, et vice-présidente du Club des Pépites en 2025, une association de jeunes professionnels de la transition écologique.