Les origines, la carrière et les prétendues épitaphes de Gilles Binchois. Addenda critiques
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22 p. / p. 135-156 : ill. en coul.
Le projet d’un ouvrage collectif consacré à la musique en Hainaut, entre-temps abandonné, a été l’occasion de réexaminer la controverse relative à deux portraits-épitaphes tenus jusqu’ici par nombre d’auteurs pour avoir été ceux du maître de chapelle de Philippe le Bon, le chanoine sonégien Gilles Binchois. L’identification du célèbre portrait peint dit « Timotheos » de Jean Van Eyck à Londres n’avait pas manqué de rallier à sa cause comme on pouvait s’y attendre, force la signature de l’incontournable E. Panofsky, l’ensemble du landerneau des musicologues. De récentes études ne laissent à ce propos pourtant plus la moindre hésitation : le modèle, dans lequel il faut sans doute reconnaître un membre de la haute administration des finances ducales, ne peut avoir été un ecclésiastique ni de facto ledit Binchois. L’identification à Binchois du chanoine représenté en prière devant une Annonciation sur un relief de pierre blanche aujourd’hui replacé dans l’ancien cloître de la collégiale de Soignies est elle-même à rejeter, ce que confirment les postes relatifs à sa sépulture dans son compte d’exécution testamentaire, ici édité in extenso pour la première fois en annexe. Une relecture approfondie de ce document ouvre au demeurant peut-être de nouvelles perspectives concernant ses origines familiales et géographiques.
