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Paul Thomas Anderson. Une bataille après l’autre

Numéros de page :
pp.88-112
Les contraintes du calendrier ne nous avaient pas permis de célébrer à sa juste valeur la sortie en salle d’Une bataille après l’autre, en septembre dernier, mais nous ne perdions rien pour attendre. À l’occasion de l’édition en vidéo du film, qui vient de triompher aux Golden Globes, en attendant les Oscars, nous revenons en force sur cette œuvre majeure qui, dès la première vision, nous a donné l’impression d’accueillir un classique instantané de l’histoire du cinéma. C’est à la fois une superproduction, une adaptation littéraire audacieuse (d’après le roman Vineland, de Thomas Pynchon, Le Seuil, 1991), une comédie d’action pétaradante, une réflexion sur la nécessité et les risques de l’engagement, et une époustouflante leçon de mise en scène, portée par trois stars au sommet (Leonardo DiCaprio, Sean Penn, Benicio del Toro) et deux sensationnelles révélations féminines (Teyana Taylor, Chase Infiniti). Alors que Paul Thomas Anderson nous gratifie d’un entretien – le huitième ! – d’une rare ampleur, complété par les propos de son complice à l’image Michael Bauman, nous en profitons pour replacer Une bataille après l’autre dans le contexte d’une carrière exemplaire que nous suivons. Après le coup d’essai prometteur de Hard Eight (Sydney/Double Mise, 1996), le cinéaste a enchaîné avec une relative parcimonie les titres tous mémorables, parfois déroutants, toujours brillamment écrits et réalisés : Boogie Nights (1997), Magnolia (1999), Punch-Drunk Love (2002), There Will Be Blood (2007), The Master (2012), Inherent Vice (2014), Phantom Thread (2017) et Licorice Pizza (2021). Vivement le prochain !