Comment Primark intègre ses salariés en situation de handicap
Numéros de page :
pp.62-64
En 2025, la France célèbre les 20 ans de la loi handicap, qui impose aux entreprises un taux d’emploi de 6 % de personnes en situation de handicap. Primark dépasse souvent cette exigence, atteignant 7,5 % dans son magasin de Montpellier ouvert en septembre, et près de 10 % dans certains points de vente. Tous les magasins Primark en France sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, contrairement à certains pays comme le Royaume-Uni.
La diversité des profils est encouragée, avec des exemples de salariés de très petite taille ou atteints de handicaps variés. Primark travaille avec des acteurs locaux et des associations pour recruter et intégrer les personnes en situation de handicap, forme ses salariés pour changer leur regard sur le handicap, et organise des stages découverte d’une journée pour familiariser les candidats avec les métiers du commerce.
La formation des managers est une priorité, notamment via l’association Les Apérettes, pour sensibiliser sur les différentes formes de handicap. En 2023, une centaine de salariés ont suivi la formation « changer le regard sur le handicap », et en 2024, elle a été ouverte à tous les employés. Chaque magasin dispose d’au moins un référent handicap, formé par l’Agefiph, pour accompagner les salariés dans leurs démarches administratives et leur intégration. Un deuxième référent, issu de l’équipe de vente, est recommandé pour assurer un suivi de terrain.
Primark collabore avec France Travail, Cap emploi et des associations locales pour présenter les métiers et les opportunités aux personnes en situation de handicap. À Metz, des sessions de présentation sont organisées pendant les périodes creuses, permettant aux candidats de découvrir concrètement le métier de vendeur polyvalent. Des journées d’immersion, appelées DuoDays, sont également proposées : en 2023, quatre personnes ont été recrutées à Lyon après un DuoDay, portant à 25 le nombre de salariés en situation de handicap dans ce magasin.
L’aide des associations est essentielle pour adapter le matériel et les méthodes de travail. À Bordeaux, des pictogrammes ont été créés pour un salarié atteint de trisomie 21, et des loupes de lecture sont fournies aux salariés malvoyants.
Les magasins Primark emploient en moyenne entre 250 et 300 personnes, ce qui facilite l’intégration des salariés en situation de handicap. Le métier de la vente reste exigeant physiquement (station debout, déplacements, environnement bruyant, contact avec la clientèle), mais Primark adapte les missions et les objectifs en fonction des capacités de chacun. Par exemple, Jean-Sébastien Astolfi, victime d’une lésion cérébrale à la naissance, n’a pas d’objectif de rapidité et ne s’occupe pas des caisses. Benjamin Comte, atteint du syndrome de Noonan et d’une spondylarthrite ankylosante, a trouvé chez Primark un environnement moins stressant que dans ses emplois précédents. Florent Gassita, en situation de surdité, travaille chez Primark Lyon depuis 2015, après une reconversion professionnelle, et a pu adapter son contrat à temps partiel pour mieux concilier vie professionnelle et personnelle.
Primark met en avant la personnalisation de l’accompagnement, la formation, l’adaptation des postes et la collaboration avec les associations pour favoriser l’intégration et la fidélisation des salariés en situation de handicap.
