Application des recommandations de l'Union cycliste internationale pour la gestion des commotions cérébrales dans le VTT de descente
Bulletin : Journal de traumatologie du sport 42
Numéros de page :
8 p. / p. 284-291
Introduction
La commotion cérébrale représente la blessure la plus fréquente lors de la pratique du VTT de descente (VTT DH). Mal prise en charge, elle expose à un risque de troubles neurologiques séquellaires affectant la mémoire, les fonctions exécutives et l’humeur. En 2021, l’Union cycliste internationale (UCI) détaillait à la suite de la conférence de consensus de Harrogate ses recommandations de prise en charge des commotions dans le cyclisme.
Objectifs
L’objectif de notre étude était d’évaluer l’application de ces recommandations, d’estimer l’incidence des commotions dans le VTT DH et d’évaluer les connaissances des pratiquants.
Méthodes
Nous avons réalisé une étude observationnelle quantitative sur questionnaire élaboré sur Google Forms et diffusé de juin à septembre 2023 auprès de sportifs pratiquant le VTT DH via les réseaux sociaux de deux descendeurs de haut niveau.
Résultats
Les réponses de 146 descendeurs âgés de 21 ans en moyenne (±8) ont été analysées. Soixante-deux pour cent participaient à des courses nationales ou internationales. Quarante-deux descendeurs (29 %) ont été victimes d’au moins une commotion cérébrale en compétition lors de la saison 2022 et seulement 6 (14 %) ont été pris en charge selon les recommandations de l’UCI. Au total, 165 commotions à l’entraînement ou en compétition ont été déclarées. Quatre-vingt-onze pour cent des descendeurs n’avaient jamais entendu parler des recommandations de l’UCI. Plus de 50 % des descendeurs jugeaient mauvaise la gestion médicale des commotions cérébrales dans leur sport.
Conclusion
La commotion cérébrale était sous-diagnostiquée dans le VTT DH et les recommandations de l’UCI ne semblaient pas être appliquées en pratique courante y compris lors des courses de haut niveau. Une modification réglementaire lors des compétitions est nécessaire afin d’intégrer un protocole de gestion des commotions spécifique à cette discipline. Afin de mieux dépister les descendeurs ayant été victimes de commotions à l’entraînement, une modification du suivi médical réglementaire semble également pertinente.
Note Générale : Bibliogr. p. 291
