Rééducation après reconstruction chirurgicale du ligament croisé antérieur du genou
intégration des données probantes en pratique clinique et rôle du kinésithérapeute en Belgique
Bulletin : Journal de traumatologie du sport juin 2026
Numéros de page :
11 p. / p. 89-99
Après une lésion du ligament croisé antérieur, les patients présentant une instabilité articulaire optaient généralement pour une reconstruction chirurgicale, notamment s’ils souhaitaient reprendre des activités sportives impliquant pivots, changements de direction, accélérations et décélérations. L’objectif indiqué par le patient était généralement de retrouver un niveau de performance comparable à celui d’avant la blessure. Cependant, un pourcentage encore trop faible de sportifs non-élites atteignait cet objectif. Si le rôle essentiel de la rééducation est reconnu, il n’existe actuellement pas de consensus scientifique concernant les modalités optimales, notamment en termes de critères de progression et d’intégration des recommandations issues de la recherche, en pratique clinique. En réponse à ce constat, nous proposons un cadre de rééducation structuré, conçu de manière ouverte, afin de pouvoir être adapté à d’autres recommandations scientifiques ainsi qu’aux besoins individualisés de chaque patient. Son implémentation clinique a montré que si l’intégration des recommandations scientifiques était possible, elle présentait certaines difficultés. Quatre d’entre elles ont été identifiées : (1) le profil spécifique du kinésithérapeute ; (2) la compliance du patient ; (3) les coûts direct et indirect de la rééducation ; et (4) la poursuite de la prise en charge kinésithérapeutique par le continuum de retour aux activités nécessitant des capacités de performance. Ce travail a également permis d’identifier trois atouts avec lesquels le kinésithérapeute pourrait contribuer à améliorer le résultat des rééducations : (1) l’adaptabilité du kinésithérapeute ; (2) le maintien de repères temporels ; et (3) le maintien d’évaluations régulières du niveau de récupération du patient.
Note Générale : Bibliogr. p. 96-99
