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Bertrand Tavernier vs Lillian Hellman

Numéros de page :
pp.74-75
Cher Bertrand, Nous ne nous sommes pas croisés en septembre dernier à San Sebastián lors de la rétrospective — la première au monde — que le festival a consacrée à Lillian Hellman. Muni de l'entrée détaillée que tu lui avais réservée dans le Dictionnaire des scénaristes de 50 ans de cinéma américain (écrit avec Jean-Pierre Coursodon, Nathan, 1991, p. 201), j'ai assisté aux seize projections, tout en étudiant en même temps le catalogue du cycle : Lillian Hellman, ficción, memoria y compromiso, édité en castillan et en anglais par Quim Casas. Les films étaient présentés par ordre chronologique dans l'intimité de la salle, avec une introduction de l'historien basque Felipe Cabrerizo. Je vais essayer de comprendre, Bertrand, les raisons de ton aigreur envers l'œuvre cinématographique d'une intellectuelle si connue à son époque et si oubliée aujourd'hui (à part de multiples références sur Google). Hellman, staliniste convaincue ; toi, trotskiste militant ; moi, ton camarade.