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Saeed Roustaee. Woman and Child

Numéros de page :
pp.16-24
Quatrième long métrage de Saeed Roustaee, Woman and Child a été un peu occulté au Festival de Cannes par Un simple accident, qui a valu à Jafar Panahi la Palme d'or et une condamnation à un an de prison par contumace. Par contraste, la réception du film de Roustaee, 36 ans, a été brouillée par une polémique sur l'obtention par le réalisateur des autorisations de tournage, grâce au respect des obligations vestimentaires imposées aux femmes. À l'heure du mouvement« Femme, vie, liberté », ne montrer que des femmes voilées dans les scènes d'intérieur- ce qui n'existe qu'au cinéma- n'était-ce pas devenir un relais de la propagande du pouvoir politico-religieux? C'était oublier un peu vite que le réalisateur de La Loi de Téhéran avait, lui aussi, été condamné pour Lei/a et ses frères à six mois de prison avec sursis pour« contribution à la propagande de l'opposition contre le régime islamique ». C'était surtout nier la puissance de sa mise en scène et la virulence de sa critique du patriarcat dans Woman and Child. Qu'un adolescent tombe, et l'on songe à ces jeunes manifestants morts après avoir été jetés de hauteurs par des« gardiens de l'ordre». Nul doute que Mahnaz, l'héroïne du film, avance vers la construction d'une société capable d'élever enfin« un homme bien», contre les logiques de domination masculine et de corruption qui gangrènent la société.