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L' |Urbanisation du littoral méditerranéen dans le collimateur

Numéros de page :
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Des communes du littoral méditerranéen poursuivent une urbanisation intensive malgré les lois environnementales et les risques liés au changement climatique. La commune de Vias (5950 habitants, Hérault) a été condamnée à une amende de 150 000 euros et son maire, Jordan Dartier (DVD), à 50 000 euros par la cour d’appel de Montpellier pour la construction illégale d’une promenade en béton et d’un parking sur la bande des cent mètres, en violation de la loi « littoral » et du plan de prévention des risques d’inondation (PPRI). Le tribunal administratif a ordonné la destruction de ces aménagements, jamais autorisés par l’État, et la restauration du cordon dunaire. À Aigues-Mortes (8710 habitants, Gard), un projet de 400 logements, pourtant autorisé par le PPRI, a été annulé par le tribunal administratif de Nîmes le 16 octobre en raison de la sensibilité écologique du site, classé Natura 2000 et à fort risque d’inondation. L’artificialisation des sols reste une tendance forte sur le littoral méditerranéen, comme le souligne un rapport de la Cour des comptes de janvier 2025. Cette artificialisation détruit des espaces naturels et agricoles, accentue la vulnérabilité des territoires face à l’élévation du niveau de la mer, à la fréquence et à la puissance accrues des tempêtes, et rend ces zones moins habitables. Dans les Alpes-Maritimes, les communes sont particulièrement touchées : 257 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers (Enaf) ont été consommés entre 2021 et 2023, soit le double de l’objectif fixé par la politique de zéro artificialisation nette (ZAN). Cette surconsommation s’étend désormais à l’arrière-pays, les communes littorales ayant presque épuisé leurs espaces disponibles. Des pratiques d’urbanisme contournent la réglementation : dans de nombreux plans locaux d’urbanisme (PLU), des parcelles d’Enaf de moins de 2500 m² sont classées comme déjà urbanisées sous prétexte de densification, échappant ainsi aux contraintes du ZAN et facilitant la construction. Dans les Pyrénées-Orientales, malgré la sécheresse, l’érosion marine, les restrictions d’eau et le risque de salinisation des nappes, la croissance urbaine se poursuit. Le schéma de cohérence territoriale (Scot) de la plaine du Roussillon (335 820 habitants), piloté par la communauté urbaine de Perpignan (37 communes, 277 930 habitants), prévoit une croissance démographique de +35 500 habitants et la construction de 34 500 logements d’ici 2037, impliquant la consommation de 818 hectares supplémentaires. La mission régionale d’autorité environnementale (MRAE) Occitanie a émis un avis très critique sur ce Scot, pointant plusieurs manquements à la loi « littoral », notamment la non-prise en compte de certains sites écologiques et l’absence de démonstration du maintien de l’équilibre quantitatif de la ressource en eau.