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Le |Marketing olfactif, pour mener les clients par le ( bout du ) nez

Numéros de page :
pp.22-23
Le marketing olfactif séduit un nombre croissant de commerces variés, allant des boutiques de chaussures comme Bocage, aux boulangeries, restaurants, hôtels, agences immobilières et même pompes funèbres. Bocage, qui compte 65 magasins en France, a développé une identité olfactive diffusée dans dix de ses points de vente, choisie en concertation avec des clients : une fragrance composée d’une note de tête boisée et d’une note de fond cuir. Les retours des clients et des vendeurs sont très positifs. L’objectif principal du marketing olfactif est de créer un environnement agréable et d’éveiller l’odorat, en complément de la vue et de l’ouïe. Par exemple, l’Intermarché de Lunel parfume ses zones d’accueil et d’épicerie avec des senteurs qui varient selon les saisons : notes boisées en hiver, odeurs fleuries au printemps, vanille et fleurs de tiaré en été, mousse ou menthol en automne. L’intention n’est pas de saturer l’air, mais d’améliorer la perception de propreté et de bien-être. Les commerces font appel à des spécialistes qui proposent des catalogues de milliers d’odeurs et installent des diffuseurs de microgouttelettes, avec des recharges envoyées automatiquement. Le coût moyen mensuel pour diffuser des senteurs en magasin est de 45 à 50 €, variant selon la taille du point de vente, avec des abonnements démarrant à 20 € pour les petits espaces. L’installation et l’entretien sont généralement inclus. Certaines marques, comme Sézane, parfument aussi leurs colis e-commerce avec des senteurs spécifiques (agrumes et musc blanc), allant jusqu’à commercialiser ces parfums ou à offrir des échantillons dans les colis. Bocage envisage de faire de même. La réglementation impose de respecter les normes de l’IFRA (Association internationale du parfum) concernant la nature et le dosage des ingrédients pour protéger les consommateurs contre les allergènes. L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail surveille l’impact des inhalations sur les salariés, et le règlement européen Reach encadre l’usage des substances chimiques. Le marketing olfactif vise aussi à stimuler les ventes. À la pharmacie Cos, place Gambetta à Paris, une odeur de fleur d’oranger est diffusée depuis 2017, ce qui, selon la responsable, dope les ventes de produits à base de fleur d’oranger. Emosens, prestataire dans ce domaine, observe des hausses de ventes comprises entre 5 % et 15 % chez ses clients, tandis qu’Initial annonce des augmentations de panier d’achat allant jusqu’à 23 % dans les magasins équipés de diffuseurs. Le choix de la fragrance dépend de l’objectif recherché : dans les enseignes de sport, le concombre est privilégié pour augmenter la motivation, tandis que dans les concessions automobiles, les parfums cuir sont courants. Les tests en magasin permettent d’ajuster la puissance de diffusion pour convenir à la fois aux clients et au personnel. Les commerces les plus avancés changent de senteur selon les saisons ou les zones, mais il est généralement plus efficace d’opter pour une identité olfactive unique pour l’ensemble du magasin. Dans l’alimentaire, l’impact sur les ventes est plus difficile à mesurer, ce qui explique que certains magasins aient abandonné l’expérience après test. Malgré la difficulté à quantifier précisément les résultats, la signature olfactive s’impose de plus en plus comme un investissement d’ambiance pour marquer durablement l’esprit des clients. Chiffres clés : Bocage : 65 magasins en France, 10 équipés d’une identité olfactive. Coût moyen mensuel pour diffuser des senteurs : 45 à 50 €, abonnement à partir de 20 €. Augmentation des ventes constatée : +5 % à +23 % selon les prestataires (Emosens et Initial). Hausses de ventes chez Emosens : entre 5 % et 15 %. Augmentation du panier d’achat chez Initial : jusqu’à 23 %.