Le |Cuivre, métal stratégique du XXIe siècle
Numéros de page :
pp.102-106
Refus d’obéissance aux décisions de justice, purges massives dans les agences gouvernementales et l’armée, menaces contre les médias et les universités, remise en cause de l’équité électorale, cooptation d’entreprises privées, déploiement des forces armées sur le territoire américain et instrumentalisation de la bureaucratie d’État sont autant de signes de la récession démocratique aux États-Unis, phénomène que le prochain rapport V-Dem mesurera. Depuis une quinzaine d’années, le populisme autoritaire s’est imposé en Europe, aux États-Unis, en Amérique latine et en Asie, entraînant de nombreuses attaques contre les normes et institutions des démocraties libérales. Ce populisme, notamment dans sa variante autoritaire de droite nationaliste, reste un moteur essentiel de la déconsolidation démocratique mondiale. Malgré la fin du gouvernement populiste du PiS en Pologne et la condamnation de Jair Bolsonaro en septembre 2025 au Brésil, les facteurs structurels du populisme – inquiétudes économiques et culturelles, désenchantement démocratique, résistance à la transition écologique – laissent présager de nouveaux succès populistes et des défis pour les valeurs libérales.
Concernant les matières premières, Philippe Chalmin, professeur émérite d’économie à Paris Dauphine-PSL et président de CyclOpe, souligne que si les terres rares, le lithium et d’autres petits métaux restent stratégiques pour la transition énergétique et critiques pour les pays occidentaux du fait de la domination chinoise sur leur raffinage, il invite à porter l’attention sur le cuivre et l’étain. Le terme « rare » ne s’applique qu’à 17 métaux regroupés sous l’appellation « terres rares », dont la Chine concentre plus de 90 % de la métallurgie. Les États-Unis, par exemple, exportaient leurs minerais de terres rares vers la Chine depuis le site de Mountain Pass en Californie, mais le goulot d’étranglement se situe au niveau du raffinage, non de l’extraction. Pour le lithium et le cobalt, il n’existe pas de problème minier pour les Occidentaux, le monde étant même en surcapacité, ce qui a entraîné un effondrement des prix. La Chine a également conquis l’aval de la chaîne de valeur, produisant aimants permanents et batteries très demandeurs en terres rares, lithium, cobalt, manganèse, germanium, gallium ou graphite.
