Hygiène-beauté. Les emballages dans tous leurs états
Numéros de page :
pp.28-32
Chaque année, le secteur cosmétique en France met sur le marché environ 94 000 tonnes d’emballages, dont plus de la moitié sont en plastique. En 2021, ce secteur représentait 5 % de l’utilisation totale de plastique en France. Face à la réglementation européenne PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), qui entrera en vigueur le 1er janvier 2030 et imposera notamment l’interdiction des doubles parois, des doubles fonds et des couches inutiles, les industriels doivent réduire drastiquement leurs emballages. Les modalités concrètes d’évaluation de cette réduction seront publiées au plus tard en 2027.
Le secteur de l’hygiène-beauté, déjà fragilisé par la crise sanitaire, la loi Descrozaille du 1er mars 2024 plafonnant les promotions, l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat, connaît une légère reprise à la P12 2025 avec des volumes presque stables (-0,3 %) et des ventes en valeur en léger retrait (-1,7 %), selon Circana. Malgré ce contexte difficile, les industriels doivent investir massivement pour adapter leurs emballages, alors que la trésorerie est limitée.
Les marques multiplient les initiatives pour réduire l’utilisation du plastique. Yves Rocher, dont la catégorie hygiène était composée à 50 % d’emballages plastiques, a réduit la taille des bouchons de ses crèmes hydratantes, supprimant presque totalement le plastique au profit de technologies plus fines. L’Arbre vert, qui cherche à se renforcer dans les cosmétiques depuis 2017, a également revu ses flacons de gel douche, réduisant le poids des bouchons de 14 g à 7 g, soit une économie de 10 % de plastique. Cependant, la marque refuse d’utiliser du PE recyclé pour des raisons de sécurité, privilégiant le PET recyclé, même si cela a nécessité de modifier la formule de ses produits pour éviter le déphasage dans les bouteilles en PET recyclé.
