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La |Cartographie de la voirie encore à la peine

Numéros de page :
pp.40-42
La réglementation «anti-endommagement des réseaux et canalisations» impose la création de plans de corps de rue simplifiés (PCRS) dans chaque territoire, documents de référence obligatoires pour tout aménageur à partir du 1er janvier 2026. Ces plans recensent les éléments d’alignement (bâtiments, voirie, affleurants de réseaux comme armoires, poteaux, vannes, avaloirs, etc.) et doivent être produits et mis à jour par une autorité publique locale compétente (APLC), généralement les collectivités locales ou leurs syndicats, bien qu’aucune loi n’ait formellement désigné ce rôle ni créé de nouvelle charge financière. Depuis la réforme anti-endommagement de 2012 et l’introduction des PCRS en 2015, une vingtaine de départements n’ont pas encore commencé à travailler sur leur document, principalement en raison du coût élevé : il faut compter 800 000 euros et trois ans pour obtenir un premier fond de plan «Raster» d’une résolution de 5 centimètres, la durée variant selon le relief. L’échelle départementale est privilégiée pour mutualiser les coûts et gommer les inégalités financières entre communes, et il est plus efficace de couvrir de grandes surfaces lors de la prise de vues aériennes. Deux méthodes sont utilisées pour réaliser les PCRS : les plans «Raster» (photos aériennes) suffisent pour les zones peu denses, tandis que dans les agglomérations, un plan vecteur est ajouté, combinant photographies et nuages de points captés par laser (Lidar), la collecte pouvant se faire à pied, en voiture ou à vélo. À Brest Métropole (8 communes, 213 410 habitants), une maquette virtuelle 3D du territoire existe depuis la fin des années 2000, réalisée à une résolution d’un point tous les 20 centimètres pour un coût initial de 300 000 euros et un équivalent-temps plein dédié. L’obligation du PCRS a permis à la métropole de monter en qualité, en devenant APLC dès 2017, en assurant la production, la maintenance et la mise à jour des données, et en ajoutant des objets d’intérêt local (poubelles, hauteur des trottoirs).