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Le |Grand barrage de la Renaissance, un game changer?

Numéros de page :
pp.112-114
Après quatorze ans de travaux, l’Éthiopie a inauguré en septembre 2025 le Grand barrage de la Renaissance (Gerd) sur le Nil Bleu, haut de 175 mètres, large de 2 kilomètres, pour un coût de 4 milliards de dollars. Il s’agit du plus grand ouvrage hydroélectrique d’Afrique, doublant la capacité électrique du pays à 5 150 mégawatts (MW), soit plus que la puissance totale du Kenya (3 200 MW) et surpassant largement le barrage d’Assouan en Égypte (2 100 MW). Le Gerd a déjà fourni un tiers de la production électrique éthiopienne entre 2024 et 2025. L’électricité produite est convoitée par les pays voisins. Le Kenya, dont 83 % des importations d’électricité proviennent d’Éthiopie, a vu ses importations bondir de plus d’un quart en juin 2025. Un contrat d’achat d’électricité de vingt-cinq ans, signé fin 2022, fixe le tarif à 0,065 dollar par kWh. Djibouti, qui dépend à plus de 50 % de l’électricité éthiopienne, a lancé en novembre 2025 la construction d’une seconde ligne électrique. Le Soudan, bien que réticent au projet, a importé quelques gigawattheures entre 2024 et 2025. Le Soudan du Sud souhaite également signer un accord d’achat d’énergie.