La hanche native est-elle toujours stable ?
Bulletin : Journal de traumatologie du sport 42
Numéros de page :
8 p. / p. 405-412 : ill. en coul.
L’instabilité de hanche, longtemps considérée comme inexistante en dehors des luxations traumatiques, est désormais reconnue comme une entité complexe. Historiquement redéfinie à travers l’étude de la dysplasie acétabulaire, elle recouvre aujourd’hui un spectre allant des formes sévères aux dysplasies dites « borderline », ainsi qu’aux instabilités liées à l’hypermobilité ligamentaire, aux gestes chirurgicaux iatrogènes et aux anomalies de version fémorale. La stabilité de la hanche repose sur un équilibre entre facteurs osseux (couverture tridimensionnelle de la tête fémorale, antéversion et rétroversion), capsulo-ligamentaires, labraux et musculaires. Leur déficit entraîne une surcharge focale, une perte de congruence et une instabilité fonctionnelle. Le diagnostic est clinique (douleurs mécaniques, sensation de hanche qui « lâche », hypermobilité, tests spécifiques) et radiologique. La radiographie standard identifie les anomalies morphologiques, mais l’imagerie 3D (scanner et planification) est devenue indispensable pour caractériser la couverture acétabulaire et la version fémoro-acétabulaire, en particulier dans les formes limites. L’IRM documente les lésions labrales et chondrales associées. Le diagnostic différentiel principal est le conflit fémoro-acétabulaire, parfois intriqué à l’instabilité. La prise en charge repose sur trois approches : (i) la physiothérapie, utile pour renforcer les stabilisateurs musculaires, mais limitée aux formes mineures ; (ii) l’arthroscopie, qui traite les lésions labrales, mais ne corrige pas la cause osseuse et n’est pas recommandée en cas de dysplasie vraie ; (iii) l’ostéotomie péri-acétabulaire, traitement de référence, offrant des résultats robustes et durables grâce à la correction tridimensionnelle de la couverture. Les progrès récents incluent la planification 3D et les guides de repositionnement sur mesure. En conclusion, l’instabilité de hanche doit être comprise comme un continuum pathologique. Le diagnostic précis, fondé sur l’imagerie 3D, permet de distinguer les différentes formes et d’adapter le traitement, la PAO restant le gold standard dans les cas symptomatiques avec déficit osseux.
Note Générale : Bibliogr. p. 411-412
