Aller au contenu principal

Génériques : seuils filmiques

Auteurs
Numéros de page :
pp.92-116
Ils ouvrent le film. Ils le referment. Ils l’interrompent parfois après une séquence d’ouverture, voire beaucoup plus loin. Ils peuvent être un véritable film dans le film, le résumer ou donner une fausse piste, métaphoriser les crédits, emprunter au dessin animé, jouer avec la typographie ou, au contraire, être parlés ou chantés… Longtemps relégué au rang de passage obligé, le générique s’impose comme un champ d’invention visuelle et sonore, un territoire où se négocient identité esthétique, mémoire cinéphile et signatures d’auteurs. Qu’il convoque la jubilation d’un numéro musical, la radicalité d’un dispositif graphique, la séduction d’une animation, ou l’aura d’un cinéaste comme celle de David Fincher qui en a fait un véritable laboratoire formel, il concentre en quelques instants une part essentielle de l’expérience filmique. Ce dossier propose d’en parcourir l’histoire et les métamorphoses, à travers des analyses, des entretiens avec six créateurs, et une sélection de génériques « coups de cœur » qui, de Madame et ses flirts à The Brutalist, rappellent combien ces seuils filmiques demeurent des œuvres à part entière. Et, pour conclure, c’est évidemment un mot qui est interrogé : « fin ».