Richard Linklater. Nouvelle Vague
Numéros de page :
pp.16-24
Le tournage « comme si vous y étiez » du film mythique À bout de souffle (1960) : une équipe de novices avançant au jour le jour sous la direction d’un jeune cinéaste improvisateur mais sûr de lui, Jean-Luc Godard, déterminé à rattraper son retard par rapport à des collègues comme Chabrol ou Truffaut. Personne alors n’imaginait l’importance que prendrait ce film dans l’histoire du cinéma. Richard Linklater, réalisateur de Before Sunrise et Boyhood, s’est plongé dans la genèse de cette œuvre qui a bouleversé sa vie. Il n’a choisi ni le pastiche « à la manière de », ni un hommage confit : sa référence était peut-être le regard de Jacques Rozier, qu’admirait Godard (« le plus talentueux d’entre nous ») et dont la caméra suivit plus tard le tournage du Mépris. Le résultat est un film jubilatoire où Linklater nous raconte la « fabrication » du film comme un véritable tour de passe-passe. Sa botte secrète ? Le regard de sa compatriote Jean Seberg (magnifiquement incarnée par Zoey Deutch), jeune star hollywoodienne d’abord déconcertée par les méthodes du trublion de metteur en scène, puis lâchant prise pour savourer pleinement l’aventure : faites comme elle !
