Christophe Blain en ses "paradis perdus"
Auteurs
Numéros de page :
pp.138-139
Au commencement (ou presque), le « paradis perdu » était le domaine privilégié du Verbe. Lorsque le poète s'en est emparé, il a engendré l'image et, avec elle, mis l'imagination en ébullition. Quel paradoxe : c'est précisément parce qu'il est « perdu » que le paradis fait parler de lui. Perdu, peut-être, mais jamais oublié, jamais effacé. Dans sa très sensible chimère, l'enceinte — le paradis est étymologiquement un espace clos, un parc — est l'une des terres les plus fertiles dès qu'il s'agit d'art. Convoquant dans son œuvre l'aède et son mythe, le marin et son océan, le philosophe et sa philosophie, l'aventurier et son aventure, le politique et son Stabilo, le cuisinier et sa recette, la chanteuse et sa partition, le scientifique et son monde, son Ouest, son Nord, Christophe Blain déplie depuis une trentaine d'années une carte composite, tant dans le ton et le genre que dans la forme. La dense rétrospective que lui consacre le Cartoonmuseum de Bâle — Centre d'art narratif — entend explorer chaque recoin et chaque strate de son œuvre.
