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Le |Gin joue la valorisation avec modération

Numéros de page :
p.50
Gibson’s reste le leader du marché du gin en France, avec plus de 41 % de part de marché en volume, et enregistre une progression de +5 % en volume sur la période cumulée à date (P9 2025). Le chiffre d’affaires du gin atteint 119 millions d’euros. La marque a renforcé sa position grâce à des campagnes estivales sur les zones côtières et sa participation à des festivals comme Les Déferlantes près de Perpignan et le Golden Coast à Dijon. Le prix de vente indicatif (PVI) de Gibson’s est de 12,30 € la bouteille de 70 cl. Après une année 2024 moyenne marquée par un repli de 2,3 % en volume, le marché du gin se redresse en 2025 avec une croissance de +2 % sur la même période. Les périodes P6 à P9 représentent entre 30 et 35 % des volumes annuels de la catégorie. Le dynamisme du marché provient principalement des segments premium et superpremium, qui représentent 25 % des volumes mais 40 % du chiffre d’affaires du marché. Le segment mainstream (moins de 20 €), premium (entre 20 et 30 €) et superpremium sont tous concernés par cette tendance à la valorisation. Tanqueray, marque de Diageo, affiche une forte progression avec +15,8 % en volume sur la période CAM à P9 et +30,7 % en CAD à P9. Sa référence classique est vendue à un PVI de 21,90 €. Diageo France mise également sur le développement du gin sans alcool, notamment avec Tanqueray 0.0 %, pour répondre à la demande de consommation modérée. Les gins aromatisés représentent 7 % des volumes et sont moins mis en avant. Les London dry, axés sur le genièvre, restent populaires avec des marques comme Hendrick’s, Citadelle, Generous ou Gin Mare. Hendrick’s, par exemple, innove pour séduire bartenders et consommateurs en quête de nouveauté. L’édition limitée 2025 de Hendrick’s, Oasium, sera disponible en exclusivité chez Monoprix à un PVI de 38 €. Generous, le gin superpremium de La Martiniquaise, continue de se distinguer avec un flacon impactant et un arôme floral proche de la violette, mais nécessite d’être goûté pour convaincre. Le risque pour les gins superpremium est de ne séduire qu’un public de connaisseurs, bartenders et gourmets. Roku, le gin japonais de Suntory Global Spirits, se différencie par son profil organoleptique doux et consensuel, élaboré à partir de six plantes japonaises cultivées durant les quatre saisons. Son PVI est de 34 €. Suntory souhaite éviter une sophistication excessive et vise à séduire un public plus large, tout en profitant de l’engouement pour le Japon. Le marché du gin, après des années de croissance à deux chiffres, se stabilise et cherche désormais à renforcer sa valeur par un positionnement plus statutaire, sans être intimidant, et à attirer des consommateurs curieux ou exigeants, tout en maintenant un bon rapport qualité-prix.