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Comment Euro Ethnic Foods cultive l'innovation autour des fruits secs chez Grand Frais

Numéros de page :
pp.42-44
Plus de 150 références de fruits secs sont proposées dans chaque magasin Grand Frais, opérées par Euro Ethnie Foods (EEF), entreprise française fondée par les frères Léo et Patrick Bahadourian. EEF, qui gère aussi les liquides, l’épicerie et l’importation d’épices, est à l’origine de la création des magasins Grand Frais avec Despi et Prosol, chaque entité exploitant un rayon clé pour recréer l’ambiance des halles traditionnelles. Le rayon fruits secs, cœur de l’activité d’EEF, représente 20 % de son chiffre d’affaires et constitue le premier rayon en chiffre d’affaires de l’entreprise. L’offre de fruits secs est implantée selon trois axes dans chaque magasin : une zone murale de 43 m² avec les produits emballés à marque, un pôle central en libre-service, et une présence sur les devants de caisse avec une offre évolutive selon le calendrier et les opérations commerciales. EEF emploie près de 1 500 collaborateurs formés aux spécificités des fruits secs, reconnaissables à leur veste Grand Frais. Les meilleures ventes concernent les amandes, noix, noix de cajou, dattes, pruneaux et figues. L’assortiment est particulièrement profond : huit variétés de figues, douze de dattes, contre trois au maximum dans la grande distribution traditionnelle. Les recettes sont également diversifiées, avec une dizaine de références de noix de cajou, aromatisées à la truffe, au paprika ou au parmesan. Le sourcing est direct, sans intermédiaire, avec des achats réalisés en amont des récoltes auprès de plusieurs dizaines de producteurs dans le monde. Les critères de sélection sont stricts, privilégiant les plus gros calibres, les couleurs les plus claires et moins de 5 % de produits cassés, notamment pour la noix de cajou. Récemment, EEF a introduit la noix de cajou Bali, torréfiée sur la peau, unique au monde, découverte lors d’un voyage de trois semaines en Asie du Sud-Est. Une noix rose devrait également être prochainement commercialisée. L’innovation représente 2,5 % du chiffre d’affaires d’EEF, soit trois fois plus que la moyenne des produits de grande consommation (PGC). Sur les 300 nouveautés lancées chaque année, environ 60 concernent les fruits secs, avec des recettes ou variétés temporaires pouvant devenir permanentes. La pénétration de la catégorie atteint 50 %. Une innovation réussie, comme la noix de cajou au parmesan, peut générer jusqu’à 30 000 euros de chiffre d’affaires en une semaine, soit l’équivalent du chiffre d’affaires annuel d’un nouveau magasin Grand Frais. EEF organise des animations tout au long de l’année, notamment l’événement « Nouvelle Récolte » créé il y a deux ans, qui se tient entre novembre et décembre pour célébrer l’arrivée des nouvelles récoltes de pruneaux, dattes, figues et noix. Pour sécuriser les approvisionnements et anticiper les tensions sur des filières sensibles comme la noix de cajou ou l’amande, EEF a investi dans ses propres vergers et outils de production, notamment via le rachat de La Compagnie des Pruneaux. D’autres projets d’investissement technique sont à l’étude pour pérenniser les volumes malgré les aléas du marché.