La |Biscuiterie sucrée aiguise l'appétit des marques
Numéros de page :
pp.60-61
Avec une consommation annuelle de 5 kg de biscuits par habitant, la France reste un marché important pour la biscuiterie sucrée, bien que les volumes stagnent. Le secteur connaît une intensification de la concurrence, notamment avec l’arrivée de grandes marques issues de la confiserie et de l’international. Depuis 2017, Ferrero a dynamisé le marché avec Nutella B-ready, suivi de Nutella Biscuits en 2019, positionnant la biscuiterie comme un relais de croissance stratégique pour les confiseurs. Mondelez, avec Milka, a également renforcé sa présence, Milka figurant déjà parmi les cinq premières marques du marché en valeur. Lu, marque emblématique, est présente dans près de 8 foyers sur 10 et continue de dominer le segment du goûter.
Le chiffre d’affaires de la biscuiterie sucrée (hors moelleux et pâtisserie industrielle) atteint 2,93 milliards d’euros, en hausse de 2,2 % en valeur mais en recul de 0,1 % en volume. Les goûters famille représentent 707 millions d’euros (+3,7 % en valeur, -0,6 % en volume), les biscuits traditionnels 567,7 millions (+7 % en valeur, +1,2 % en volume), les goûters enfants 304,2 millions (+2,2 % en valeur, +2,8 % en volume), le bio et équilibre 245,6 millions (-3,3 % en valeur, -5,3 % en volume), les biscuits fins et spécialités régionales 220 millions (+2,4 % en valeur, +2,5 % en volume), l’accompagnement dessert et café 180,8 millions (+0,1 % en valeur, +1,9 % en volume), le petit déjeuner 119,5 millions (-3,8 % en valeur), et le segment chocolat et fruits 118,7 millions (+2,5 % en valeur, +0,6 % en volume).
Les marques nationales profitent du recul des marques de distributeurs (MDD), dont la part de marché en valeur est de 32,9 %, en baisse de 2 points, alors qu’elles visaient 40 % sous l’effet de l’inflation. Mondelez (Lu, Milka, Oreo) détient 31,3 % de part de marché (+1,8 point), Ferrero 11,3 % (+0,7), St Michel 4,7 % (-0,4), Yildiz (BN) 3,6 % (+0,1) et Lotus 1,7 % (-0,1).
Les innovations produits se multiplient, avec des biscuits hybrides associant chocolat et biscuit, comme chez Ferrero où Nutella (4,6 points de part de marché valeur) et Kinder (3,1 points) tirent la croissance, devant Delacre (2,1 points) et Delichoc (0,9 point). Kinder propose six déclinaisons de biscuits, principalement destinées au goûter, qui représente environ un quart des occasions de consommation.
La marque française Merveilles du Monde, reprise en 2021 par Krokola, capitalise sur ses 30 % de notoriété et 7 millions de tablettes vendues depuis 2023 pour lancer deux recettes de biscuits au chocolat en forme d’animaux, sans huile de palme, fabriquées dans l’Ain et distribuées chez Carrefour, Auchan, E. Leclerc et Monoprix. Une extension de gamme est prévue en 2026.
Les marques italiennes s’imposent également : Mulino Bianco (Barilla), numéro un italien, a atteint 25 millions d’euros de ventes à +16 % (CAM P6, tous circuits), avec des produits comme Baiocchi, Abbracci et Canestrini. Bauli, spécialiste du panettone, vise une double implantation avec ses biscuits Bucaneve et Dorè, lancés en 2025. Les nouveautés incluent les biscuits fourrés pistache de Mulino Bianco (2,99 € les six portions de trois biscuits) et le Bucaneve de Bauli (1,60 € les 150 g).
Le retour des Fingers Cadbury (Mondelez), relancés par Bur Distribution, marque également l’actualité, avec de nouvelles recettes caramel beurre salé et orange (3,29 € et 3,09 € la recette traditionnelle). Les biscuits iconiques comme le Petit Écolier Lu au chocolat au lait (1,99 € les deux portions de six) continuent de surperformer, avec des ventes en valeur en hausse de 18,5 % pour Lu Petit Écolier et 11,9 % pour Lu Granola sur douze mois glissants à fin juin, malgré une distribution réduite en 2024.
Bonne Maman (St Michel) confirme son savoir-faire avec des nouveautés comme les Petits Carrés chocolat et noix de coco (2,48 € les 16). La concurrence s’intensifie entre biscuitiers français, boulangers italiens et confiseurs, sur fond de stagnation des volumes et de plafonnement des MDD. Tous les acteurs misent sur l’innovation, la visibilité en rayon et la capacité à répondre aux attentes des consommateurs français pour continuer à dynamiser le marché.
