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A la peine, la viande d'agneau tente de se réinventer

Numéros de page :
p.58
Le chiffre d’affaires de la viande d’agneau fraîche atteint 486 millions d’euros, en baisse de 5,9 %. Les ventes en volume reculent de 14 % sur douze mois (boucheries traditionnelles et GMS). La production française d’agneau diminue de 8,5 % sur les cinq premiers mois de 2025 (après -5,4 % en 2024), poursuivant une décroissance ininterrompue depuis quatre ans. Les importations, principalement en provenance de Grande-Bretagne et d’Irlande, baissent de 4 %, alors qu’elles représentent plus de 50 % de la consommation française. La consommation de viande d’agneau en France reste faible, avec une baisse structurelle comprise entre 4 et 5 % par an depuis 2020. Cette situation s’explique par une moindre disponibilité en magasin, la fièvre catarrhale ovine non maîtrisée, le départ à la retraite d’exploitants remplacés par des installations de plus petite taille, et la hausse des prix. Le prix de la viande d’agneau a atteint un pic à Pâques, à 11 €/kg de carcasse, ce qui a freiné la demande, notamment lors de l’Aïd le 6 juin. Les ruptures d’approvisionnement et la baisse de la qualité ont également conduit les points de vente à réduire la présence de l’agneau français dans leurs rayons. Les périodes de canicule au printemps et en été ont accentué le repli, la consommation de viande diminuant globalement par temps chaud. L’agneau, souvent consommé en grillade à cette période, est concurrencé par la volaille et le porc, plus accessibles en prix. Malgré son coût élevé, l’agneau peut générer autant de marge que les autres viandes si les grammages sont adaptés au pouvoir d’achat des consommateurs. Des initiatives pour relancer les ventes ont été mises en place, notamment le programme « Nos clients changent, changeons l’agneau ! » dans cinq régions (Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Hauts-de-France, Aura et Paca). À Cambrai (Nord), la transformation du rayon agneau en proposant des petites portions, émincés, hachis, boulettes, brochettes de poitrine et préparations intégrant des légumes a permis d’enregistrer des progressions de ventes comprises entre +5 % et +25 %. Près de 650 points de vente en Nouvelle-Aquitaine appliquent ce programme et constatent une augmentation de leurs volumes de ventes. Interbev prévoit d’étendre cette démarche à la région Grand Est. Les préparations culinaires, comme le tajine agrémenté de légumes en barquette, stimulent les ventes. Les boulettes permettent d’optimiser les marges en intégrant des ingrédients à plus faible valeur. Les côtes filet, moins classiques que les côtes à manche ou côtelettes, sont mises en avant pour leur faible teneur en gras et leur tendreté.