Uber se prépare à nouveau à l’ère des véhicules autonomes
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Uber, présente dans plus de 70 pays et 10 000 villes, n’a réalisé son premier bénéfice d’exploitation annuel qu’en 2023, seize ans après sa création. En 2024, l’entreprise a enregistré un bénéfice d’exploitation de 2,8 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) et a annoncé un programme de rachat d’actions de 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros). Les résultats du deuxième trimestre 2025 laissent présager une année encore meilleure.
La question des véhicules autonomes, qualifiée de “menace existentielle” par l’ancien CEO Travis Kalanick, reste centrale. Actuellement, 1 500 véhicules autonomes circulent aux États-Unis et environ 2 000 en Chine, mais Goldman Sachs estime que ce chiffre pourrait atteindre 35 000 aux États-Unis d’ici 2030. Uber souhaite jouer un rôle majeur dans cette évolution.
Après avoir investi environ 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) dans le développement interne de la conduite autonome, Uber a abandonné ce projet en 2020, à la suite d’un accident mortel impliquant l’un de ses véhicules, et a vendu son unité à Aurora. Désormais, la stratégie d’Uber repose sur des partenariats avec des entreprises spécialisées dans les véhicules autonomes, permettant aux clients de réserver des courses en robot-taxi via l’application Uber.
Parmi les partenaires figurent Volkswagen, qui lancera un service de robots-taxis à Los Angeles en 2026, WeRide, qui collaborera avec Uber dans 15 villes sur cinq ans, et Apollo Go, la division de Baidu, active en Asie et au Moyen-Orient et visant une expansion en Europe. Uber a également investi dans Wayve, une start-up britannique, avec des tests de robot-taxis prévus à Londres l’an prochain. Uber pourrait aussi soutenir Travis Kalanick dans le rachat des activités américaines de Pony.ai, avec laquelle elle a déjà un accord pour le Moyen-Orient.
Pour renforcer sa position, Uber, habituellement “asset-light”, a signé en juillet un accord avec Lucid et Nuro pour acquérir 20 000 robots-taxis sur six ans, afin de démontrer la rentabilité d’une telle flotte.
Waymo, la filiale d’Alphabet, est le leader américain des robots-taxis, opérant dans cinq villes et visant une douzaine d’autres. Les courses Waymo sont accessibles via Uber à Atlanta et Austin, mais Alphabet pourrait choisir de développer Waymo indépendamment. Tesla, sous la direction d’Elon Musk, prévoit de rendre ses robots-taxis disponibles pour la moitié de la population américaine d’ici fin 2025, bien que de nombreux analystes doutent de la maturité de sa technologie. Dara Khosrowshahi, CEO d’Uber, souhaite intégrer Tesla à la plateforme, mais pense qu’Elon Musk poursuivra une stratégie autonome.
L’adoption généralisée des robots-taxis reste entravée par les réticences des régulateurs et la nécessité de convaincre les consommateurs. Malgré ces obstacles, Uber multiplie les initiatives pour s’imposer comme la plateforme de référence lors de l’essor des véhicules autonomes.
