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Les |Enseignes de cash pressent le pas sur le digital

Bulletin : LSA 2852
Numéros de page :
pp.22-23
Face à l’essor du marché du reconditionné en e-commerce, les enseignes françaises d’achat-vente Cash Converters, Easy Cash et Cash Express accélèrent leur transformation digitale pour combiner leur activité traditionnelle de rachat de produits contre espèces avec la vente en ligne d’articles reconditionnés. En 2024, 51% des e-acheteurs ont acheté un produit de seconde main ou reconditionné, et 10% des achats en ligne de high-tech concernent des produits reconditionnés. Cash Converters, qui compte 80 magasins en France, Suisse et Luxembourg (dont 16 succursales) et vise 200 magasins à 5 ans, a lancé une plateforme d’estimation en juin 2025 et prévoit d’ouvrir son site d’e-commerce en septembre. Après un redressement judiciaire en février 2024 et un changement d’identité visuelle en 2022, l’enseigne appartient à Pure Ventures depuis octobre dernier. Cash Express, avec 130 magasins en France et Belgique, ambitionne de porter l’e-commerce à 15% de son chiffre d’affaires dans 5 ans. L’enseigne, fondée en 2001, a lancé un site d’e-réservation en 2016, puis un site d’e-commerce en 2020, et a intégré en 2023 une estimation automatique de reprise pour des produits comme les smartphones. Easy Cash, pionnière du digital avec 165 magasins en France et un objectif de 250 magasins et 10% du chiffre d’affaires en e-commerce à 5 ans, exploite deux sites (vente et estimation/reprise) et mise sur les réseaux sociaux et les paniers multimagasins, qui rencontrent un grand succès, notamment dans le gaming. Malgré la digitalisation, le magasin physique reste central dans le parcours client. Chez Easy Cash, 70 à 80% des clients de centre-ville viennent en magasin après une estimation en ligne. L’envoi d’articles après estimation en ligne ne représente que 2% des cas, principalement pour des biens compétitifs comme la téléphonie, le gaming, les tablettes et les produits Apple, qui peuvent représenter plus de la moitié du chiffre d’affaires des magasins. Cash Express applique des politiques tarifaires à cotations fixes, contrairement à Cash Converters qui utilise des algorithmes de pricing ajustés en temps réel, à l’image des pure players comme Back Market. Le référencement en ligne constitue un défi majeur : chez Easy Cash, les ventes en ligne ne représentent que 5% du chiffre d’affaires, un chiffre jugé faible par rapport à la dynamique du marché, en partie à cause du modèle de la franchise, peu compatible avec l’e-commerce et la centralisation. Cash Express prévoit une refonte de son site en 2026 pour améliorer son référencement et concurrencer les pure players du reconditionné. Le panier moyen en ligne chez Cash Express est de 100 euros, contre 64 euros en magasin. Easy Cash a lancé la fonctionnalité de paniers multimagasins, très populaire dans le gaming. Pour écouler les produits de niche, Cash Express utilise des marketplaces comme Rakuten, ce qui permet de limiter le risque lié au rachat de biens. Easy Cash exploite les réseaux sociaux pour vendre des articles rares. Malgré les disparités de performance liées au modèle de la franchise, la digitalisation porte ses fruits : le chiffre d’affaires progresse à périmètre constant, aussi bien en magasin qu’en ligne.