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Costco : le rêve américain bute encore sur le marché français

Bulletin : LSA 2852
Auteurs
Numéros de page :
pp.18-19
Huit ans après son implantation en France, Costco ne compte que deux magasins (Villebon-sur-Yvette ouvert en 2017 et Pontault-Combault ouvert en décembre 2021), avec un troisième prévu près de Mulhouse fin 2025. Chaque magasin fait environ 14 000 m² et propose 3 500 références, soit dix fois moins qu’un hypermarché classique. Le modèle américain d’achat en gros sur adhésion, avec une cotisation annuelle de 36 euros, peine à s’imposer dans un paysage commercial français très normé, où les consommateurs sont peu enclins à payer pour accéder à des prix réduits, contrairement à des enseignes comme E. Leclerc ou Action, accessibles sans contrainte. Au niveau mondial, Costco compte 897 magasins entrepôts, dont 29 au Royaume-Uni, 5 en Espagne, 1 en Islande et 1 en Suède. Le groupe revendique 136,8 millions de détenteurs de cartes d’abonnement, générant 4,8 milliards de dollars issus des cotisations annuelles (+6,6%), soit 1,9% du chiffre d’affaires. En 2024, le chiffre d’affaires mondial atteint 254,4 milliards de dollars (+5% vs 2023), les cotisations représentant un peu plus de 52% du bénéfice d’exploitation (9,2 milliards de dollars). Aux États-Unis, le taux de reconduction des cartes d’abonnement avoisine 93%, mais la direction française reste discrète sur ce chiffre. En France, le développement est très lent, notamment à cause de la complexité administrative et des délais pour créer des sites ex nihilo, rendant difficile une expansion organique rapide. Le modèle Costco, basé sur des volumes élevés et une marge globale faible (3 à 4%, au-delà de 8% le modèle perd en attractivité), nécessite une taille critique pour être rentable. La filiale française, malgré une hausse de 8,1% de son chiffre d’affaires en 2024 à 239 millions d’euros, enregistre encore une perte nette de près de 20 millions d’euros (contre 24,3 millions l’année précédente). Depuis 2017, la rentabilité reste hors de portée tant que le nombre de magasins reste limité. Le marché français de la grande distribution est en recomposition, avec la fermeture de plusieurs grandes surfaces (ex : Intermarché de Plan de Campagne, Auchan de Bar-le-Duc, centre commercial La Riche Soleil). Cela pourrait offrir des opportunités de reprise de surfaces vacantes, mais leur adaptation au modèle Costco nécessiterait des investissements importants. Tant que le nombre de magasins reste inférieur à dix, la question de la viabilité à long terme de Costco en France demeure. Le maintien de l’activité dépendra des investissements et du niveau de risque que le groupe américain sera prêt à assumer dans l’Hexagone.