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La logistique et ses monstres

Année de parution :
2024
1 vol. (133 p.) : ill. en coul. : 20 cm
9782365124331
Cette fois encore, tout pourrait avoir commencé en haute mer. L'histoire du capitalisme se fait et se défait par les conquêtes des mers et au-delà des mers familières. Comme la naissance du grand cycle industriel fut permise par des navires chargés de sucre et de coton lourds du travail des esclaves qui les ont amassés, alors commence, avec les géants des mers chargés de containers, quelque chose d'un nouveau cycle : moins sans doute qu'un bouleversement général des économies mondes, mais beaucoup plus qu'une transformation managériale ou technique. La révolution logistique commence, selon les économistes et les historiens, avec l'invention d'une grosse boîte dans laquelle on peut stocker des marchandises. Le container -the box-, que l'on peut manipuler avec un minimum de main-d'œuvre, transporter du quai au bateau puis du bateau au camion sans rien décharger des marchandises qu'il contient, et régler ainsi la double contrainte des ruptures de charge et l'immense pouvoir, la capacité de nuisance - telle qu'elle est vue par le grand capital - de la manutention portuaire et ses tumultueux dockers. Une boîte qui rompt, selon la belle formule de S. Bologna « le pacte sacro-saint de la cale et du quai ». Delphine Mercier Sociologue au LEST (CNRS), elle est spécialisée sur les questions de migrations et de travail dans des contextes de mondialisation. Elle travaille sur les marchés transnationaux du travail, en particulier dans des zones d'exception : zones franches, zones libres. Michel Peraldi Sociologue et anthropologue, directeur de recherche émérite à l'IRIS, CNRS/EHESS, (Paris), il travaille sur les mondes métropolitains et les économies informelles, les dynamiques migratoires et les mobilités transnationales.
Note Générale : Bibliogr. p. 124-133